Les 40 ans de l’émission Femmes libres - Séquence 1 - Samedi 20 juin 2026 - 89.4

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Les Quarante Ans de l’émission Femmes libres

Accueil à partir de 13 h et Ouverture à 14 h

Hélène Hernandez, Sylvie Gillot, Marie-Jo Pothier, Sandrine-Malika Charlemagne et Agnès Rougier

Séquence 1

Rappel : émission créée par Nelly Trumel

Nelly Trumel faut qu’ça germe ! (2016)

Table-ronde avec :

-  Françoise Picq : Histoire du 8 mars

-  Mathilde Leroy : Regards sur les 1ères émissions

-  Marie-Jo Bonnet : Les femmes dans l’Art

Les Pétroleuses

-  La chanson des culottes

-  La Grrrrrande complainte de la Commune de Paris

Focus sur :

-  Femmes à l’ouvrage (1989),

-  Mai 68 par eux-mêmes (1989),

-  Avortement, contraception, on vous l’a déjà dit, on veut choisir ! (1992)

-  Les Actes de la Rencontre Internationale Anarchaféministe (1992)


14 h / Séquence 1 : Sylvie et Hélène

 

14 :00   1/ Indicatif de Femmes libres = 01 :39

 

Bonjour à vous toutes et tous, merci d’être présentes et présents pour cet anniversaire des 40 ans de l’émission Femmes libres sur Radio libertaire. Sur les quatre décennies, de très nombreuses femmes et quelques hommes sont venu·es débattre et témoigner de leurs luttes, de leurs recherches, de leurs expériences, de leurs créations artistiques et culturelles. Une formidable richesse d’expression apparaît dont nous avons envie d’évoquer selon des grandes thématiques. Ce fut difficile de choisir qui et quoi mettre en valeur dans un temps de 4 heures pour 40 ans d’émissions à raison de 2 h chaque semaine ! Mais dans nos têtes et nos cœurs, personne ne peut être oublié.

L’équipe de Femmes libres, aujourd’hui, est composée de : Sandrine-Malika Charlemagne, Sylvie Gillot, Hélène Hernandez, Marie-Jo Pothier et Agnès Rougier. De temps en temps, Frédéric Clère, Catherine Morin-Le Sech ou Blandine Molin nous apportent leur aide. 

Pour les 40 ans de l’émission Femmes libres, nous dédions cet anniversaire à Nelly Trumel, fondatrice de l’émission Femmes libres en mai 1986. Nous remercions Anne Urtubia pour son accueil, ici à l’Espace Louise Michel, Monique et Agnès pour la partie technique ô combien importante et merci à tous ceux et celles qui nous aident pour la table de presse et pour le bar, Alain, Christian et Francis.

Et nous sommes heureuses d’accueillir ici diverses artistes : Amande Art, Roselyne Mottier et Blandine Molin sur les murs de l’Espace Louise Michel, et en ponctuation des propos, des chanteuses et musiciennes comme Les Pétroleuses, Daphné Dauvilliers, Les Voix Rebelles, Ninon Valder, Mlle Martine et Agnieska.

***  ***

 « Née en 1938 à Paris, autodidacte, copiste au Louvre de 1975 à 1979, Nelly Trumel s’est ensuite consacrée à la peinture du quotidien en se spécialisant dans l’étude des fruits et des légumes avec une prédilection pour les patates parce ça germe ! »

Mais il n’y a pas que les patates qui germent ! Lors des entretiens que nous avons eus avec Nelly, la ligne de force que nous découvrons, c’est que les années 80 –juste après les séances de copie au Louvre– signent l’engagement de Nelly : délibérément, le choix de s’exprimer comme peintre, de réfléchir et d’agir comme anarchiste et féministe. Si cette détermination est si résolue, il a fallu un temps de germination ancrée dans l’enfance, mûrissant dans la vie d’adulte et éclosant, éclatant, explosant à la quarantaine !

1986, le cinquantenaire de la révolution espagnole est fêté sur Radio libertaire. Nelly passe de la musique dans un créneau horaire. Mais pour l’événement, elle prend le livre de Mary Nash, Mujeres libres (La Pensée sauvage, 1977), proposé par Laurent, libraire à la librairie Publico, et elle en fait une première émission en lisant qui étaient ces femmes. 20 000 femmes, la plupart d’origine ouvrière, qui combattent le machisme, y compris chez les anarchistes, et qui visent à « libérer les femmes du triple esclavage dont elles étaient victimes : esclaves de leur ignorance, esclaves en tant que productrices et esclaves en tant que femmes ». Elle décide ensuite d’occuper cette plage horaire pour parler des femmes, car sur Radio libertaire, « on ne parlait pas des femmes ». L’émission prendra l’intitulé de Femmes libres, en référence à Mujeres libres. Durant une année, Nelly présente des livres, avoue  « ne rien connaître au féminisme » et entre dans un groupe militant de la Fédération anarchiste, composé d’hommes de l’âge de ses enfants, où elle est la seule femme. Elle s’y sent bien.

Ecoutons Nelly, enregistrée par Marie-Hélène Le Ny sur un texte de Louise Michel, choisi par Nelly.

 

2/ Voix de Nelly, réalisation de Marie-Hélène Nelly = 02 :10

 

Peu à peu, l’émission devient féministe au fil des appels d’auditrices, des rencontres, des revues féministes abordées. Par exemple un jour, Caroline Kunstenaar, téléphone et s’étonne de ne pas entendre les informations féministes, elle conseille à Nelly de s’abonner à Paris-féministes, revue publiée à la Maison des femmes de Paris. A sa lecture, Nelly va découvrir qu’il existe des réunions auxquelles au début elle n’osait pas aller car elle ne connaissait rien, ni personne et puis, petit à petit, elle va entrer dans le mouvement. De fil en aiguille, elle commence à inviter, ce qu’elle ne se permettait pas de faire auparavant.

Nelly se dit et se sent libre. Pour gagner sa vie, elle peint et enfin, elle crée ce qu’elle a envie. Elle milite dans le mouvement libertaire, elle prendra des responsabilités à Radio libertaire comme secrétaire à la programmation de 1989 à 1991.

Peu à peu, l’émission se fait connaître, Nelly est sollicitée et, des livres lui sont adressés, les thématiques des émissions se diversifient, s’élargissent. Elle s’engage dans le mouvement féministe, notamment pour le droit des femmes à disposer de leur corps (pour le droit à l’avortement et à la contraception, contre les opposants à ces droits, contre les violences faites aux femmes, pour le droit de choisir sa sexualité ou ses sexualités, contre le système prostitutionnel …). Et aussi en tant qu’anarchaféministe, elle lutte contre toutes les religions, contre la guerre et la militarisation de la société, pour la solidarité internationale et apporte son soutien aux femmes immigrées, aux sans papières, aux exilées... Elle participe alors à la commission Femmes de la Fédération anarchiste : anarchaféministe, elle articule le féminisme et l’anarchisme dans une perspective de lutte contre toutes les dominations et les oppressions. 

Elle crée des émissions. Elle crée des peintures. Elle crée sa peinture.

Depuis mai 1986, avec et dans l’émission Femmes libres,  les femmes sont visibles. Une des premières invitées, en 1988, a été Andrée Michel, sociologue de la famille et du mariage, directrice honoraire de recherche au CNRS, venue parler du complexe militaro-industriel. Ensuite, Andrée est souvent revenue présenter ses ouvrages dans lesquels elle dénonce les guerres et leurs conséquences sur les femmes : Justice et vérité pour la Bosnie-Herzégovine (Ed. L’Harmattan, 1995), Surarmement, pouvoir, démocratie (Ed. L’Harmattan, 1995), Féminisme et antimilitarisme, avec un avant-propos de Jules Falquet (Ed. Ixe, 2012), Le Féminisme, dans la collection « Que sais-je » (Presses universitaires de France, réédité plusieurs fois).

Nelly avec Andrée Michel, en 2002.

 

3/ Voix de Andrée Michel, émission Femmes libres de 2002 = 02 :05

 

Au début, les femmes qui participent à l’émission s’expriment au nom de leurs associations : Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), Mouvement français pour le planning familial (MFPF),  Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac), Collectif et réseau féministe « Ruptures », commissions femmes de divers mouvements ou syndicats, Collectif national pour les droits des femmes, Marie-pas-Claire, Association des femmes journalistes, Réseau pour l’autonomie des femmes immigrées et réfugiées (Rajfire), Marche mondiale des femmes, Collectif féministe contre le viol (CFCV), Maison des femmes de Paris, Maison des femmes de Montreuil, librairies féministes, éditrices. Tous ces groupes sont sources d’informations.

Femmes libres vit également au rythme des évolutions et des crispations de la société, des événements qui se déroulent, en France et ailleurs dans le monde. Régulièrement, les mêmes thèmes sont abordés : les femmes et la guerre, les femmes dans les pays en situation de conflits, confrontées aux violences morales, psychologiques, physiques, aux viols ; la contraception, la remise en question du droit à l’interruption volontaire de grossesse, la prostitution restent toujours d’actualité.

Mais Nelly Trumel ne lâche rien ; avec la même vigilance, la même détermination, elle alerte, elle informe, elle agite ses réseaux. Elle a besoin de ses invité.e.s pour faire vivre son émission, et la réciproque est vraie, les invité.e.s ont également besoin de trouver un relais radiophonique.

En ce qui concerne les droits des femmes, rien n’est jamais acquis, tout reste fragile. Alors il faut tenir, alors il faut continuer à lutter, lutter contre les discriminations, lutter pour la solidarité avec les femmes du monde entier, lutter contre les violences faites aux femmes…

Qu’elles soient enseignantes, professeures, chercheuses, historiennes, écrivaines, employées, ouvrières, sans emploi, militantes engagées ou pas, françaises, étrangères, exilées, chanteuses, comédiennes, musiciennes, photographes, cinéastes… chacune a sa place et est invitée à prendre la parole, à transmettre, à ouvrir les chemins des possibles. Les émissions mettent en lumière l’incroyable diversité du féminisme, des associations de terrain et montrent que les femmes se mêlent autant  de recherche que de création.

L’indicatif de Femmes libres que Nelly avait choisi. Femmes libres, femmes qui se libèrent, femmes qui luttent, femmes qui témoignent, c’est Femmes libres sur Radio libertaire.

 

 

Pour illustrer cette incroyable diversité du féminisme et pour montrer que les femmes causent, pensent, luttent, créent, continuons sur quelques thèmes.

Les anniversaires d’associations féministes sont fêtés et sont l’occasion d’un retour sur l’histoire, sur les actions menées et sur celles qu’il reste à entreprendre. Des dates symboliques, des rendez-vous qui, au fil des années, se sont inscrits dans le calendrier de Femmes libres et elles rythment les deux heures d’antenne. En mars, une émission est consacrée au Festival international de films de femmes (première édition en 1979) qui se déroule à Créteil. En septembre, l’antenne est donnée aux animatrices du festival Femmes en résistance (première édition en 2003). En juin et en septembre, Maudy Piot, présidente de l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), présente les thèmes qui seront abordés au colloque annuel et aux forums thématiques En octobre, les lesbiennes font leur festival, avec Cineffable.

Depuis 1995, tous les cinq ans, c’est aux militantes de la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes que Nelly Trumel ouvre largement les portes du studio. Des périodes historiques marquantes sont aussi abondamment évoquées. Ainsi, en 1988, plusieurs émissions sont consacrées aux 20 ans de Mai 68.

La construction de l’émission repose sur trois parties, trois axes qui s’interpellent, se répondent, s’enrichissent,

-          L’une, quelquefois plusieurs, parfois des hommes comme Richard Poulain, vient parler de ses travaux et recherches et partager des connaissances.

-          des militantes de terrain informent et échangent sur leurs actions, des artistes évoquent leurs créations.

-          des informations importantes, des dates de rendez-vous sur la vie du mouvement féministe, des colloques, des films dont les auditrices et les auditeurs n’entendront parler nulle part ailleurs.

Il suffit de regarder le listing des émissions qui ont été déposées au Centre des archives du féminisme (CAF) à l’université d’Angers pour prendre la mesure de l’ampleur du projet et de la reconnaissance de la place importante prise par l’émission. Et merci à Mathilde Leroy d’avoir élaboré son travail universitaire, sur les premières années de l’émission Femmes libres.

Nous vous rappelons que vous pouvez, aujourd’hui, depuis quelques années, et grâce à Sylvie, nous suivre sur Facebook et sur Mixcloud où Sylvie dépose les enregistrements des émissions et les programmes.

 

14 :25   Table ronde

Interventions de Françoise Picq : L’histoire du 8 mars

de Mathilde Leroy : Regard sur les premières années de l’émission

de Marie-Jo Bonnet : Les femmes dans l’Art

 

Françoise Picq : maitresse de conférences honoraire en sciences politiques, autrice notamment de Libération des femmes, quarante ans de mouvement (2011)

Mathilde Leroy a mené un travail de Master sur  Femmes libres 1986-1999 : une émission féministe de Radio libertaire (2016)

Marie-Jo Bonnet est écrivaine, docteure en histoire, parmi ses ouvrages repérons ceux sur Simone de Beauvoir et sur les Femmes peintres

 

14 :45   Les Pétroleuses : 4 femmes musiciennes et chanteuses qui interprètent

La chanson des culottes

La Grrrrande complainte de la Commune de Paris

 

 

14 :55   Focus sur l’édition d’ouvrages :

Femmes à l’ouvrage (1989)

Mai 68 par eux-mêmes (1989)

Avortement, contraception, on vous l’a déjà dit, on veut choisir ! (1992)

Nelly Trumel, Faut qu’ça germe ! (2016)

Féministes tant qu’il le faudra

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