Les 40 ans de l’émission Femmes libres - Séquence 4 - Samedi 20 juin 2026 - 89.4

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Séquence 4

Les coopérations avec d’autres émissions

-  DégenréEs sur Radio Campus 90.08 : Timult

-  Dissonances St Affrique et Occitanie

-  Ras-les-Murs, Des cailloux dans l’engrenage, La société dans tous ses états, Chroniques syndicales, Au fil des pages,  Pas de Quartiers

Table-ronde avec

-  Monique Dental : Réseau féministe Ruptures, quelles solidarités féministes 35 ans après Pékin ?

-  Odile Merckling : Femmes précaires, chômeuses

L’évolution des thématiques sur 40 ans

La soirée de 2015, Les 40 ans de Radio libertaire (2022)

L’Agenda féministe, éditions Remue-ménage (2026)

Des chroniques s’ouvrent :

-  De Ève à Philomène (2018) : Sylvie Gillot présente le livre consacré à la chronique (2025)

-  Opus poétique (2023) : Sandrine-Malika Charlemagne présente trois poèmes

-  Accords et à Cris (2024) : créé par Agnès Rougier

Focus sur

-  Celles de 14 (2015)

-  La guerre contre les femmes, les femmes contre la guerre (2024)


17 h 05 / Séquence 4 : Sandrine-Malika, Hélène

L’émission Femmes libres mène diverses coopérations dont une avec l’émission DégenréEs sur Radio Campus 90.08, en 2021, pour présenter Timult, apériodique régulier diffusé à la librairie Publico. Et une émission Dissonances sur Radio St Affrique a demandé l’autorisation de diffuser l’émission faite avec Les Pétroleuses : cet enregistrement a ensuite fait le tour des radios associatives en Occitanie.

Radio libertaire c’est aussi des opportunités de rencontres et de projets avec d’autres équipes de la radio : des émissions ont été menées avec Ras-les-Murs, Chroniques syndicales, La Société dans tous ses états, Des Cailloux dans l’engrenage, Au fil des pages, Pas de Quartiers, Folk à lier, Deux sous de scène, Le Monde merveilleux du travail… Nous avons mené une émission spéciale le 1er septembre 2021 pour la date anniversaire des 40 ans de Radio libertaire avec des itw et des documents sonores « historiques ».

Parmi nos amies disparues, écoutons Claire Auzias qui nous a quitté le 6 août 2024, très souvent invitée par Nelly et par nous-mêmes pour La Grève des Ovalistes, sur Emma Goldman, et très souvent sur les Roms, en particulier Samudaripen, le génocide des tziganes.

 

10/ Voix de Claire Auzias à propos des Roms(2022) 01 :59

Avant d’ouvrir la quatrième table-ronde sur l’aspect international et sur la précarité des femmes, rappelons-nous le Code de la famille en Algérie institué en 1994, lors de la décennie noire et écoutons la chanson contre ce code mené par un collectif de femmes en 2003.

11/ 20 ans Barakat : Ouech dek yal qadi (code de la famille 2003) extrait 01 :52

 

17 :15   Table-ronde avec :

Monique Dental : Réseau féministe Ruptures, Quelles solidarités féministes internationales 35 ans après la conférence mondiale des femmes à Pékin (1995)

Odile Merckling : sociologue dont les recherches portent sur l'emploi et la précarité des femmes, notamment immigrées, le chômage, la protection sociale et les réformes de l'assurance chômage.

17 :35   Que dire de l’évolution des thématiques traitées sur ces 40 années ?

Au cours des 40 années, se profilent des évolutions dans les prises de conscience, les mises en visibilisation, les analyses et les revendications féministes voire les actions menées par les femmes et les mouvements féministes au plan international : des avancées mais aussi des menaces et même des reculs.

L’approche genrée a évolué. Différentes sociologues ont travaillé sur les rapports sociaux de sexe, de classe et de « race », et Danièle Kergoat a évoqué la consubstantialité des rapports sociaux depuis une dynamique des rapports de pouvoir. Tout rapport social a une dimension politique de domination et une dimension de discrimination. Le concept de Kimberlé Crenshaw, l’intersectionnalité (1989), apporte un outil d’analyse. L’universalisme pour des droits de toutes et de tous dans le monde entier, c’est-à-dire l’universalité du genre humain, se combine avec l’analyse intersectionnelle pour les différents groupes sociaux. Pour Elsa Dorlin, l’enjeu « est de penser l’intrication des différents rapports de domination (sexe, race et classe) sans isoler l’un, sans déréaliser l’autre ».

La notion de sexe et de genre est d’abord prise comme sexe biologique et sexe social avant que le concept de genre n’apparaisse. Christine Delphy et Monique Wittig questionnent les catégories femme et homme comme catégories sociales et politiques et non comme des évidences biologiques. Nicole-Claude Mathieu se réfère au genre socialement construit, comme construit social, et donc ce qui est construit peut être déconstruit ce qui permet de reconstruire autrement. Monique Wittig souhaite dépasser la binarité femme/homme en utilisant le lesbianisme, barrage de l’appropriation du corps des femmes par la classe d’hommes. La cause de l’oppression des femmes se trouve dans le régime hétérosexuel comme régime politique. Il s’agit « pour les femmes, de créer les conditions d’une puissance d’agir qui leur permet de se dégager des discours normatifs et hiérarchisants » écrit Laurie Laufer. La valence différentielle des sexes de Françoise Héritier est aujourd’hui questionnée par la complexité dans le lien entre genre et sexe qu’évoque Judih Butler depuis 1990 dans Trouble dans le genre et que traduisent les recherches sur les transgressions, les transitions, et les personnes trans et queer, en d’autres termes faire bouger les lignes des normes qui nous assignent à des genres.

Au niveau du vocabulaire, les discours phallocentristes sont rejetés, la dimension politique du langage porte à réflexion. Beaucoup de travaux d’Eliane Viennot, de Julie Abbou, par exemple, apportent des éléments tangibles vers la féminisation de la langue, puis nous sommes passées à la démasculinisation de la langue voire pour certaines et certains à la non binarité de la langue. Violaine Schwartz ou Tiffaine D. ont chacune entonné « elle était une fois » et Aurore Evain nous questionne sur Mary Sidney alias Shakespeare.

Du côté du corps, même si en 40 ans, les mouvements féministes n’ont eu de cesse de revendiquer la liberté des femmes de disposer de leur corps, les violences persistent et les féminicides aussi. Une offensive des opposants à l’IVG très structurée et violente pendant une bonne décennie, alliée à une offre hospitalière plus restreinte et particulièrement l’été, disent que des droits ont été élargis mais des pratiques sont devenues moindres : le CIVG de  l’Hôpital Tenon est toujours sur la sellette, quid des IVG hors délai, la Maternité des Lilas a fermé. En matière d’avortement, la solidarité avec les polonaises, les américaines ou les argentines a été particulièrement marquée.

D’autres thématiques sont apparues : la fibromyalgie, les règles élémentaires, le congé menstruel et le  Superflux, l’endométriose, la TVA sur les protections périodiques, la grossophobie, la très grande taille au féminin, la maternité au prisme du handicap, les violences gynécologiques et obstétricales, la stérilisation revendiquée comme la non maternité. Quand déclencher l’accouchement c’est confisquer la maternité aux femmes, c’est Claudine Schalck qui le démontre. Clélia Gasquet-Blanchard, elle, fait le lien avec le capitalisme de tout ce qui touche au Faire naître.

Quelques exemples : Marielle Issartel a présenté Histoires d’A ; Histoire des sexualités en France XIXe-XXIe siècle de Sylvie Chaperon, Emmanuelle Retaillaud-Bajac, Christelle Taraud, Catherine Deschamps ; Libérations sexuelles une histoire des pensées féministes et queers sur la sexualité de Cornelia Möser, …

Les diverses formes de violences : les violences conjugales sont dénoncées, pas toujours reconnues par la justice, quid des violences conjugales subies par les migrantes et demandeuses d’asile, la cause anti-rapt est d’actualité. Il y a eu les procès des exciseuses et pourtant toujours des filles et des femmes excisées. Dans les cas d’inceste, le syndrome d’aliénation parentale (SAP) est encore avancé, des hommes sont montés sur des grues. Les femmes handicapées sont plus violentées. Les violences conjugales ont augmenté pendant le confinement de la période Covid. Ensemble contre le sexisme donne un nouveau rendez-vous en janvier. Nous avons accueilli Les Enchantières, ou des femmes accompagnées dans divers projets de reconstruction ou de réinsertion après avoir subi de nombreuses années des violences conjugales. La question du harcèlement au travail, de rue, en milieu scolaire s’est élargie au cyberharcèlement. Quant aux féminicides, nous fûmes très heureuses de partager l’antenne avec Christelle Taraud qui a conçu et coordonné ce magnifique livre Féminicides, Histoire mondiale (2022).

De nouvelles mobilisations sont apparues comme celle contre le système prostitutionnel, faisant référence à nos grandes figures anarchistes telles Emma Goldman, Louise Michel ou les Mujeres libres, la pornographie, la gestation pour autrui avec pour conséquence l’augmentation de ventres à louer. Des femmes sont venues témoigner contre la porno-prostitution à l’occasion de la Marche de Rosen Hicher ou de la publication de Sous nos regards, Récits de la violence pornographique.

Pendant près de quatre années, nous avons ouvert toutes les émissions en évoquant le nombre de féminicides conjugaux en France à partir du site Féminicides par compagnons ou ex. Et cela du 24 novembre 2021 au 9 juillet 2025.

 

12/ Pas une de plus = 03 :10

 Puis en 2024, en amont de l’affaire des Viols de Gazan et durant le procès, nous avons passé le spot M’endors pas de Caroline Darian, la fille de Gisèle Pélicot.

 

13/ Caroline Darian : M’endors pas  = 01 :30

 

Du côté des hommes, des productions apparaissent montrant la virilité et l’anti-féminisme. Nous avons connu les hommes qui montaient aux grues, et nous connaissons ceux qui assignent en diffamation celles qui ont osé dénoncer les violences sur elles et sur les enfants ou ceux qui pratiquent le rapt d’enfants. Nous nous rappelons tous les 6 décembre la tuerie par Marc Lépine de 14 étudiantes parce que femmes, étudiantes de l’Ecole Polytechnique à Montréal en 1989. Nous avons accueilli régulièrement Zéromacho. Ainsi, des hommes et des femmes analysent cet antiféminisme et ces retours de bâton, le Backlash de Susan Faludi (version française en 1993) :

La crise de la masculinité de Francis Dupuis-Déri, Antiféminisme et masculinisme de Christine Bard, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri, Hors-Jeu chronique culturelle et féministe sur l’industrie du sport professionnel de Florence-Agathe Dubé-Moreau, ou encore Nicolas Lemblé, Pour un dénatalisme libertaire, Ne pas vouloir d’enfants dans une perspective de lutte anticapitaliste. 

Les femmes au ou hors travail : des luttes ont été rappelées comme celles des Penn Sardin, des ovalistes, des Lip, du Balai libéré, des syndicalistes paysannes, des luttes à la Belle époque. Des grèves ont fait l’objet d’émissions, celles des infirmières, des aides-soignantes, des femmes de chambres, du Palais de la femme, mais aussi contre la réforme des retraites avec les incidences spécifiques faites aux femmes, l’accès à l’emploi des femmes victimes de violences avec Séverine Lemière, les souffrances au travail avec Karen Messing. Nous avons porté notre attention sur des propositions contre le chômage et la précarité et l’égalité des salaires, et l’aide aux mamans solo. Ce sont aussi des analyses du capitalisme du 20e siècle avec Danièle Linhart et Monique Pinçon-Charlot. Et des insertions professionnelles pour des femmes migrantes avec La Cantine des femmes battantes à Aubervilliers.

Beaucoup d’émissions relatives à la prison : avec Natacha Chetcuti-Osorovitz, Gwénola Ricordeau, Elsa Deck Marsault, L’Envolée, etc. Ces autrices et militantes apportent une critique féministe anticarcérale. Certaines  proposent une alternative à la condamnation pénale ou font état d’alternative à la prison.

Sur le plan international : les mobilisations contre les guerres avec leur lot de violences, de viols comme armes de guerre, d’esclavage sexuel, de populations déplacées ont fait l’objet de nombreuses émissions et présentant aussi les résistances des femmes : les mères de la place de mai, les femmes en noir, le Chiapas, le Rojava, la Jineolojie, Femme Vie Liberté… La notion de guerre de basse intensité concerne aussi les femmes. Et avons relayé le soutien à Pinar Selek. La recherche menée par Jules Falquet, La combinatoire straight, Colonialisme, violences sexuelles et Bâtard·es du capital, rappelle les  conséquences du colonialisme et de l’impérialisme. Sur ces thématiques, le lien fut permanent entre militance et recherche, entre militantes contre la guerre, pacifistes, antimilitaristes et celles qui mènent des recherches sur le terrain des conflits : Claudie Lesselier, Marjane Satrapi, Chowra Makaremi, Somayeh Rostampour, Shoukria Haidar, Irène Ansari…

Des anarchistes et des communardes. Si l’émission a débuté avec l’histoire des Mujeres libres, Louise Michel a été notre guide en 2005 toute l’année lors du centenaire de sa mort, et les communardes et pétroleuses ont eu leur heure de gloire en 2021 pour les 150 ans de la Commune, et ce à raison de 3 émissions par mois sur 6 mois. Grâce à de nombreux livres voire de BD, de CD et de films, ce fut aussi la découverte de femmes anarchistes du monde entier, ou l’approfondissement de leur histoire, de leurs écrits et de leur activisme. Que ce soit Vivre ma vie d’Emma Goldman ou les travaux d’Alice Béja ou de Léa Gauthier sur les militantes américaines, ou les ouvrages d’Aurélien Rouland, de Patrice Shindler, Philippe Pelletier ou Olt pour le portrait de diverses femmes, il y a de quoi découvrir ou approfondir des parcours impressionnants de femmes militantes.

Quant aux expressions artistiques et créations culturelles, le féminisme, les luttes des femmes et leurs résistances y sont très présents que ce soit lors des festivals de films ou de documentaires, que ce soit dans les chansons, les poésies, les romans, les fictions ou les créations théâtrales, y compris avec des artistes, des comédiennes, des chanteuses ou musiciennes, ET des jeunes : des relais qui donnent espoir pour l’avenir. Merci à toutes ces créatrices qui sous des formes très diverses donnent à voir autrement la situation des femmes, leurs luttes et leurs pensées. Qui aurait cru il y a 40 ans que plusieurs spectacles sur le clitoris auraient pu être possibles ? Quant aux Journées du Matrimoine, c’est chaque année des découvertes étonnantes de femmes oubliées, invisibilisées, parce que longtemps le masculin l’emportait sur le féminin.

En mars 2015 (les 30 ans non ! les 29 ans), Christine Hudin nous a organisé une belle soirée au 20e Théâtre : nos ami·es étaient au rendez-vous sur scène et dans la salle. Sur scène, Les Voix rebelles, Claire de Lune, Francesca Solleville, Les Chanteurs livreurs, Nelly Pouget, Mamia Cherif, Véronique Pestel.

En décembre 2018, Nelly s’en allait, nous avons organisé un femmage, le 30 janvier 2019, au Studio Campus. En janvier 2023, c’est Claude Rua qui s’en allait aussi : le 1er février 2023, Sylvie a proposé le portrait dans De Eve à Philomène, sans oublier les autres.

Et pour les anniversaires de Radio libertaire, l’émission était à chaque fois présente : par exemple, pour les 40 ans, nous avions invité Shoukria Haidar et Geneviève Couraud pour parler de la situation faite aux femmes en Iran et en Afghanistan, et avions aussi invité Lila Tamazit Trio chantant Colette Magny.

Au-delà du travail universitaire de Mathilde Leroy, celle-ci a contribué au livre Nous ne nous tairons plus, Pratique féministes de la radio et leurs contextes (1975-2000) éditions Archives contestataires paru en 2025 sous le titre : « Femmes libres, une émission anarchaféministe sur Radio libertaire (1986-1999) ».

Et l’émission Femmes libres est cité dans l’Agenda des féministes 2026 , aux éditions Remue-ménage. De quoi être fières d’être reconnues en Amérique du Nord, au Québec.

18 :05   Des Chroniques s’ouvrent en 2018 avec De Eve à Philomène sans oublier les autres, en 2023 avec Opus poétique et en 2024 avec Accords et à Cris.

-       Sylvie présente le livre De Eve à Philomène, paru en 2025

-       Sandrine lit trois poèmes extraits de La petite ouvrière métisse :

o   Femmes de toutes origines ...

o   Sacco et Vanzetti – hommage

o   Pauvres mains

-       Agnès définit le concept de Accords et à Cris, et nous la retrouverons très vite dans une performance.

 

14/ Le temps des cerises = 00 :25

 

18 :15   Focus sur l’édition d’ouvrages :

Celles de 14, la situation des femmes au temps de la Grande boucherie  (2015)

La guerre contre les femmes, Les femmes contre la guerre (2024)

 

Féministes tant qu’il le faudra


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